Les
réalisations de Damien B. près de Castillon la Bataille, en
Dordogne (24)
Edification de la Tour de fontaine et sa Corniche
Au
départ, j'ai cru qu'il s'agissait de la parfaite restauration d'un beau
bâtiment ancien. Mais en fait, Damien a imaginé et construit intégralement
cette belle tour qui abrite une
fontaine. La tour est construite en moellons et
pierres de taille naturelles. Pour
réaliser
la corniche, seul élément en pierre reconstituée, il a dû commencer par concevoir un moule relativement sophistiqué qui représente un
beau travail d'ébénisterie, précédé on s'en doute par des recherches, des observations et des
calculs précis. Le premier objectif lorsque l'on est
obligé d'introduire des éléments en pierre reconstituée au
coeur d'uneconstruction en pierres naturelles,
c'est de faire en sorte qu'ils s'intègrent parfaitement, jusqu'à
devenir indiscernables.
Bravo Damien, objectif atteint avec brio, et
très beau travail digne des anciens bâtisseurs tailleurs de pierre !
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"Il
s'agit d'une construction nouvelle
débutée en 2004. Tout est parti de la
découverte d'un ancien bac monté en
pierre enfoui dans la
terre et de la redécouverte de la source qui coulait ici il y
a 30 ans et qui avait disparu. Afin de protéger ce bac (qui n'a rien
d'extraordinaire en soi mais c'est une trace du passé) j'ai imaginé
construire une tour ronde au dessus et faire
venir la source à
l'intérieur. Une fois le permis de construire accepté j'ai déterminé
l'axe de construction.
Les pierres de moellons ont
toutes été bouchardées sur tout le premier étage. Toutes les pierres
des ouvertures ont été taillées à la scie et au chemin de fer.
Seule la corniche est en pierre
reconstituée. Je
suis très content du résultat, j'ai utilisé les proportions 1
de ciment
blanc Calcia pour 3 de calcaire 0/6.3 J'ai
seulement gratté la pierre avec une truelle pour faire ressortir les
aspérités. Avant
la pose, les pierres ont été colorées avec un mélange de purin d'orties
et de poudre d'ocre puis scellées à la chaux blanche. Les
joints sont réalisés avec un mélange de chaux aérienne et de chaux
blanche. Le
mélange calcaire/ciment blanc donne une pierre très dure voir très
cassante, un petit choc entre elles lors de la pose et c'est un morceau
qui part. J'essaierais
avec de la chaux la prochaine fois pour voir.
Maintenant il me reste à
confectionner le toit, ayant apprécié cette technique de pierre
reconstituée je souhaiterais réaliser un toit en dôme. L'hiver et les
mauvais jours approchent, ils permettront de réfléchir à la technique à
employer
pour le
dôme et peut-être de commencer à construire les
premiers moules. J'ai pensé à d'abord réaliser 6 arcs se joignant sur
une même clé de voute puis de coffrer les vides et les couler petit à
petit..."
(Photos
et commentaires Damien B. 7 octobre 2009)
Création
de la
Voûte de coupole à 6 nervures pour le sommet de la tour
Avant
d'avoir vu les réalisations de Damien, je ne pensait pas qu'il était possible de
pousser aussi loin la technique du moule en bois aggloméré.
Le travail réalisé par Damien avec
cette technique est
impressionnant. Il démontre qu'avec de l'imagination, il est possible
pour l'amateur, c'est à dire celui qui "aime", de concevoir
une oeuvre normalement dévolue au maître artisan ou
au compagnon tailleur de pierre.
On imagine la
préparation et les calculs qu'il faut mener pour réussir une
telle structure. Respect Maître !...
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Essai d'assemblage de la voûte de coupole
"Pour
faire suite à la construction de ma tour en Dordogne,
voici des photos de ma voûte à 6 nervures.
Toujours les mêmes
proportions de matériaux :
3 calcaire, 1 ciment blanc, 1 poudre de
pierre de taille (pour affiner le grain) + colorant jaune en poudre.
Les moules ont été
réalisés en aggloméré hydrofuge,
facile à travailler mais très instable à l'eau.
J'ai commencé par faire le moule des
claveaux. Il aura servit 12 fois
(il n'y a pas eu de raté).
Ensuite
ce moule a été retravaillé puis pourvu d'un moule supplémentaire pour
la réalisation de 6 sommiers. J'en ai raté 3 à la suite à cause du
froid et de la pluie.
Enfin, j'ai réalisé le moule de la clé de
voûte. Heureusement qu'il était prévu pour un seul coulage car le bois
ayant pris du volume, les ajustements précis du début ne pouvaient plus
être respectés au remontage. Ce
qui me refroidit pour continuer à réaliser des moules dans cette
matière...
Les arrondis ont été réalisés à la toupie
munie d'un bras d'1 mètre
réglable en longueur et pivotant.
La conception s'est faite grâce à un
logiciel de DAO (Autocad) et à pas
mal de réflexion.
Je ne sais pas si le plus dur est fait
car la pose de la voûte reste à
faire! J'ai prévu d'utiliser la méthode d'assemblage par coulage (lait
de chaux ou de ciment, je ne sais pas encore!). La pose est prévue pour
fin
juillet, si le temps le permet car le support en bois est aussi en
aggloméré hydrofuge.
L'année prochaine je m'occuperai de fermer entre
les nervures pour obtenir un dôme.
J'avais pensé à utiliser le
procédé polystyrène pour créer les pierres qui finiront
la coupole : 2 surfaces sphériques côté intérieur et extérieur, surface
que je ne peux pas faire en bois.
Puis fabrication d'un clocheton,
d'un chien assis et de pinacles (si nécessaires mais là je pense que
c'est du rêve)."
(Photos
et commentaires Damien B. 21 juillet 2010)
Claveaux et sommier
La clé de voûte
Le moule à claveaux
Le moule à claveaux
et le moule de clé de voûte
Mise
en place de la voûte de coupole sur le sommet de la tour
Merci
Damien de donner des ailes à nos projets en nous démontrant
qu'un
rêve peut toujours être réalisé et qu'il n'y a pas de plus grande
satisfaction que d'en être l'architecte et le bâtisseur...
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"Le
WE dernier a été consacré à la pose de la voûte sur la tour. J'avais
auparavant fabriqué une grue de façon à pouvoir monter facilement le
cintre en bois et la clé de voûte. Le cintre repose sur 6 étais et sur le
guide central. Toutes les pierres ont été mises en place avec des cales
d"épaisseur en bois. Quelle satisfaction de voir que tout se monte
comme prévu sur plan. Un seul bémol : L'orientation de la
structure.
En effet, j'avais prévu plus tard de réaliser un chien assis à l'aplomb
de la porte à linteau droit entre 2 nervures, mais orientées comme
telles, les nervures de la voûte ne sont plus alignées avec la porte à
linteau plein cintre et la meurtrière ! Comme quoi, on a beau essayer
de penser à tout, il y a toujours des choses qui nous échappent....bref,
plus de chien assis....de toute façon ça n'aurais rien changé.
Ensuite vient le bouchage des joints. Là, 2 techniques en fonction des
endroits : Bouchage à la sciure de pierre délayée à l'eau pour les
joints verticaux et de dessus, sinon même recette mais avec de la chaux
pour les joints de dessous. Une fois tout bouché, j'humidifie les
cavités de joints. Celles se trouvant entre la pierre de sommier et la
corniche auront été équipées chacunes de 2 goulots de bouteille en plastique scellés au platre : 1 pour le remplissage et l'autre pour
évacuer l'air et juger du niveau de remplissage. Ces dernières cavités
seront "noyées" pour tester l'étanchéité et mouiller la pierre, puis
vidées avant le coulage. Pour le coulis, j'ai utilisé de la chaux
NHL5 et du sable tamisé fin, le tout dans des proportions 6 vol. de
chaux, 5 vol. de sable, 3 vol. d'eau. J'ai coulé d'abord tous les joints des
voussoirs avec un entonnoir. Il faut sans cesse surveiller les niveaux
des joints et les ajuster. Les joints des sommiers ont été réalisés
avec un coulis plus liquide (1vol de plus). On remplit la première
bouteille jusqu'à ce que le liquide apparaisse dans l'autre bouteille.
Point négatif, il restait beaucoup de sable au fond de mon récipient
de coulage.... même en remuant juste avant le coulage. A peine quelques heures et on peut
enlever la sciure de pierre de taille et dégager les joints sur 1 cm.
J'ai décintré l'assemblage 2 semaines
après le coulage des joints. Tout s'est bien passé et quelle
satisfaction de voir la voûte tenir d'elle même ! J'ai regratté tous les joints de façon à
dégager 1 cm pour le rejointoiement. Les joints ont été réalisés avec de la
chaux NHL 3.5 et du sable jaune tamisé. Quand la chaux a tiré, je
brosse le joint à l'eau. Inconvénient : en brossant on étale la chaux
sur la pierre ce qui blanchit les pierres... J'aurais du laver tout de
suite, mais en lavant on lave aussi le joint tout frais...! La saison
s'achève sur cet ouvrage."
(Photos
et commentaires Damien B. 6 septembre 2010)